
Cambodge
Louvain Coopération au Cambodge
Le contexte du Cambodge
Le Cambodge est un pays d’une grande beauté, riche en biodiversité et en patrimoine culturel. Derrière cette image positive, il fait toutefois face à des défis économiques, environnementaux et sanitaires majeurs. Le récent conflit avec Thaïlande met également en péril l’économie et la sécurité du pays.
Situation socio-économique
Malgré une croissance économique rapide depuis vingt ans, une part importante de la population reste en situation de vulnérabilité. Les écarts socio-économiques se creusent entre les habitants villes et la campagne - tensions sociales fortes.
- 17,8 % des Cambodgiens vivent sous le seuil de pauvreté national
- 75 % de la population vit en milieu rural
- 39 % des emplois se trouvent dans l’agriculture
- Agriculture dominée par : la monoculture du riz, l’utilisation massive d’intrants chimiques, ce qui fragilise les sols, les revenus et la résilience des ménages.
Environnement et changement climatique
Le Cambodge connaît une dégradation rapide de ses écosystèmes et une forte exposition aux risques climatiques.
Défis environnementaux majeurs :
- Déforestation illégale
- Perte de biodiversité
- Gestion insuffisante des ressources naturelles
Forte vulnérabilité climatique :
- Inondations fréquentes
- Montée du niveau de la mer
- Impacts économiques et écologiques importants pour les populations rurales
Situation de la santé
Le pays fait face à une double problématique : une malnutrition persistante chez les enfants, liée au manque de diversification alimentaire et une augmentation des maladies non transmissibles, ainsi qu’un niveau préoccupant de détresse psychologique. Le trauma occasionné par le régime Khmer a laissé des traces profondes et intergénérationnel au sein de la population.
Malnutrition
- 22 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique
- 10 % souffrent de malnutrition aiguë
Maladies non transmissibles
- Les MNT (diabète, hypertension...) tuent presque 60.000 Cambodgiens chaque année. En 2018, elles représentaient 60% des causes de décès au Cambodge.
- 7,5 % des adultes entre 20 et 79 ans vivent avec un diabète diagnostiqué
Santé mentale
- 27,4 % de la population souffre d’anxiété
- 16,7 % de dépression
- 7,6 % de SSPT (stress post-traumatique)
Partenaires et bailleurs
Partenaires
- Tramkak Union of Agricultural Cooperatives (TrUAC)
- 4 Agricultural Cooperatives in Battambang province
- 3 Agricultural Cooperatives in Kampong Thom province
- Development and Partnership in Action (DPA) organization
- Ecosystem Services and Land Use Research Centre (ECOLAND) of the Royal University of Agriculture (RUA)
- Banteay Srei Organization
- Cambodian Institute for Research and Rural Development (CIRD)
- Faculty of Agricultural Science (FoAS) of RUA
- National University of Battambang (NUBB)
- Saint Paul Institute (SPI)
- Provincial Department of Agriculture, Forestry and Fisheries (PDAFF) of Battambang province Preventive, Medicine Department (PMD), Department of Mental Health and Substance Abuse (DMHSA), Transcultural Psycho-social Organisation (TPO), Center for Child and Adolescent Mental Health (CCAMH), Douleur Sans Frontières (DSF), Humanity and Inclusion (HI), Saint Paul Institute (SPI), University of Washington (UW)
Bailleurs
- DGD
- EKFS
Partnership for Agroecology Transition, Networking and Efficient Resilience (PArTNER)
Notre objectif
Le projet PArTNER vise à renforcer la résilience économique et sociale des familles rurales cambodgiennes en accélérant la transition agroécologique, en structurant des chaînes de valeur durables et en promouvant une gouvernance inclusive où les femmes jouent un rôle central. L’objectif est de permettre aux petits producteurs d’accéder à des revenus dignes, à des marchés rémunérateurs et à une participation accrue aux décisions.
Nos actions
- Développement de systèmes agricoles durables via un système d’extension d’agriculteur à agriculteur animé par des agriculteurs spécialisés en formations, expérimentations agroécologiques et pratiques autour du riz SRP, des semences, du bokashi, des légumes ou de l’élevage.
- Renforcement des coopératives agricoles et de leurs unions, grâce à l’appui en administration, finances, gouvernance et planification pour améliorer leur autonomie et leur efficacité.
- Accompagnement des chaînes de valeur agroécologiques en gestion, marketing, développement commercial et amélioration des standards.
- Appui aux organisations paysannes pour porter la voix des producteurs dans les dialogues avec le secteur privé et les autorités, et promotion des politiques favorables aux petits agriculteurs.
- Promotion du leadership féminin et appui à l’entrepreneuriat des femmes grâce à des formations sur la prise de décision, le plaidoyer ou le développement d’activités génératrices de revenus.
- Sensibilisation des consommateurs urbains à l’alimentation saine, production de vidéos et contenus éducatifs, et création de liens commerciaux entre producteurs agroécologiques et marchés.
- Mise en réseau des acteurs de l’agroécologie : formations, visites d’échange, ateliers, diffusion des bonnes pratiques et programme de petits financements pour les initiatives locales.
Notre impact
Le projet renforce la résilience économique des familles rurales, accélère la transition agroécologique, augmente les revenus des petits producteurs, et favorise l’autonomisation des femmes au sein des organisations agricoles. Il contribue à la réduction des intrants chimiques, à une alimentation plus saine pour les consommateurs, et à la structuration durable de chaînes de valeur équitables. Enfin, il dynamise les réseaux d’acteurs engagés dans la transition agroécologique et influence les politiques publiques en faveur de systèmes alimentaires durables au Cambodge.
Partnership for Improvement and Prevention in NCDs (PIP-NCD)
Notre objectif
Améliorer l’accès et la qualité des services de santé mentale et de prévention des maladies non transmissibles dans les zones rurales de Chamkar Leu et Ou Reang Ov, en renforçant les compétences du personnel de santé, la participation communautaire et la réduction de la stigmatisation, avec une attention particulière aux différences de genre et d’âge.
Nos actions
Renforcement des services de santé mentale
- Formation, coaching et supervision du personnel médical et non médical sur le diagnostic, le traitement, le conseil, la prise en charge palliative, la gestion de la douleur et les soins pour les patients
- Mise en place du Collaborative Care Model (CCM) en collaboration avec l’Université de Washington. Ce modèle est une approche intégrée où les professionnels de la santé primaire (médecin généraliste) et de la santé mentale (gestionnaire de cas, psychiatre) travaillent ensemble pour traiter les problèmes de santé mentale légers à modérés chez les patients, en partageant les expertises et en coordonnant les soins autour du projet de vie du patient, avec le patient lui-même comme partenaire actif dans la prise de décision. Il s’agit donc de travailler sur le dépistage, suivi, coordination des soins, appui des Patient Care Facilitators, réunions des Quality Improvement Teams.
- Développement et diffusion de protocoles cliniques et outils de suivi pour les services de santé mentale et des maladies non transmissibles.
- Documentation des connaissances acquises dans ce projet.
Travail communautaire et prévention
- Formation de villageois volontaires et travailleurs sociaux en premiers secours psychologiques, référence, accompagnement des familles et soutien émotionnel.
- Création et accompagnement de Self-Help Groups ou groupes d’Entraide. Ces groupes jouent un rôle crucial en offrant un soutien par les pairs, en réduisant la stigmatisation et l'isolement, en promouvant l'autonomisation (empowerment) et l'autogestion, et en complétant l'accès limité aux professionnels de santé mentale, grâce à des approches adaptées et communautaires pour améliorer le bien-être psychosocial et lutter contre les violences domestique, les problèmes de nutrition, la consommation d’alcool, ...)et de groupes pour parents d’enfants en situation de handicap.
- Campagnes communautaires de sensibilisation et de déstigmatisationsur la santé mentale et la prévention des MNT.
- Activités de sensibilisation pour identifier et orienter les personnes présentant des troubles neurologiques ou psychologiques.
Technologies et innovations en santé
- Déploiement de la télé-santé mentale et d’un système de suivi des patients.
- Développement d’une plateforme digitale de partage d’informations entre partenaires.
Notre impact
Ce projet construit un système local de santé plus inclusif, capable de proposer des services de santé mentale de qualité et des actions de prévention des maladies non transmissibles adaptées aux besoins des patients et où le patient est un véritable partenaire de sa santé physique et mentale. Il améliore le recours aux soins, réduit la stigmatisation, renforce la coordination entre acteurs, et permet un meilleur accompagnement des personnes vulnérables dans 112 villages, touchant directement plusieurs milliers de bénéficiaires et près de 100 000 personnes indirectement.
Contact : Info-cam@louvaincooperation.org
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FAQ
Le régime des pluies alterne une saison humide (mai–octobre) et une saison sèche (novembre–avril).
Au pic de la crue, le Mékong force l’inversion du courant de la rivière Tonlé Sap : l’eau remonte vers le lac, dont la surface passe d’environ 2 500 km² en saison sèche à plus de 16 000 km² en saison des pluies. Cette « respiration » annuelle nourrit des sols fertiles, des forêts inondées et l’une des pêches fluvio-lacustres les plus productives du monde, faisant vivre et nourrissant des millions de personnes.
La riziculture pluviale des basses terres s’ajuste au calendrier de la crue et du retrait des eaux ; elle est complétée par des cultures commerciales (manioc, hévéa, fruits tropicaux) selon les régions.
Les pêches du Mékong–Tonlé Sap assurent une part essentielle des apports en protéines animales et soutiennent des milliers de micro-activités de transformation et de commerce.
L’enjeu transversal est d’améliorer la résilience : gestion de l’eau à l’échelle de bassins versants, pratiques agronomiques économes en intrants, restauration des forêts inondées et des zones tampons.
Le khmer est la langue officielle et largement majoritaire. On rencontre aussi des langues de minorités (Cham, langues des hautes terres) et des parlers d’origine chinoise ou vietnamienne dans certains contextes urbains et commerciaux.
La vie culturelle se déploie dans les pagodes, les marchés et les fêtes, avec des formes de patrimoine reconnues par l’UNESCO comme le Ballet royal (danse « Apsara ») et le théâtre d’ombres Sbek Thom.
Le Cambodge est un pays d’Asie du Sud-Est, situé entre la Thaïlande, le Laos et le Viêt Nam, avec un accès au golfe de Thaïlande.
Le cœur du pays est une vaste plaine autour du Mékong et du lac Tonlé Sap, encadrée par des reliefs (monts Cardamomes et Éléphant au sud-ouest, plateau du Dangrek au nord) et un littoral ponctué de mangroves et d’îles.
Cette organisation concentre population, agriculture et services dans les basses terres, tandis que les zones montagneuses et forestières abritent des écosystèmes remarquables.
Le Cambodge abrite des forêts tropicales, des zones humides et un riche continuum rivière-lac.
La Réserve de biosphère du Tonlé Sap (MAB/UNESCO) protège le plus grand écosystème lacustre d’Asie du Sud-Est, qui alimente les pêches intérieures et soutient les forêts inondées.
Les monts Cardamomes forment l’un des blocs forestiers les mieux conservés de la région, refuge pour de nombreuses espèces menacées (éléphant d’Asie, crocodile siamois, galliformes).
Le Cambodge compte environ 17,6 millions d’habitants (2024).
Le pays reste majoritairement rural mais l’urbanisation progresse : un peu plus d’un quart des Cambodgiens vivent en ville, avec une forte concentration à Phnom Penh et dans quelques pôles régionaux.
La population est relativement jeune, avec une Génération Z nombreuse (née à la fin des années 1990 et dans les années 2000), qui arrive dans l’enseignement supérieur et sur le marché du travail, posant des défis d’éducation et d’insertion, mais aussi des opportunités d’innovation et de croissance.
Phnom Penh concentre fonctions administratives, éducation supérieure, services et industrie légère. Siem Reap articule tourisme et services culturels, Sihanoukville joue un rôle portuaire et industriel, Battambang et Poipet animent les échanges agricoles et transfrontaliers.
Les corridors routiers et ferroviaires se connectent aux ports maritimes et aux passages frontaliers, tandis que la navigation intérieure reste importante dans les zones lacustres et le long du Mékong.
Le royaume khmer d’Angkor (IXe–XVe siècles) a laissé un héritage exceptionnel : de vastes villes, des temples monumentaux et des ouvrages hydrauliques (barays, canaux) conçus pour gérer l’eau et l’irrigation. Cet ensemble a durablement façonné l’occupation du territoire et demeure au cœur de l’identité culturelle cambodgienne.
Au XXe siècle, le pays a connu des ruptures majeures : conflits, régime des Khmers rouges dans les années 1970, déplacements de population ; suivies d’une phase de reconstruction et d’ouverture économique à partir des années 1990–2000.
Concrètement, Phnom Penh concentre l’essentiel des fonctions politiques et économiques, tandis que Siem Reap est la porte d’entrée d’Angkor. Le bouddhisme theravāda structure la vie sociale (pagodes, fêtes, réseaux d’entraide) et l’État, avec ses partenaires, mène des programmes de conservation, de restauration et de gestion des sites patrimoniaux, à Angkor comme ailleurs.
Les inondations en plaine et les sécheresses saisonnières sont les aléas les plus fréquents, aggravés par la variabilité climatique.
La réponse à apporter combine systèmes d’alerte crue-décrue, ouvrages d’irrigation et de drainage, planification urbaine en zones inondables et dispositifs de protection sociale pour les ménages vulnérables.
Sur le littoral, la gestion intégrée des zones humides et des mangroves contribue à atténuer l’érosion et les tempêtes.
Quatre ensembles dominent. L’agriculture (riziculture, manioc, hévéa, fruits) et les pêches intérieures liées au Tonlé Sap restent essentiels pour la sécurité alimentaire et les revenus ruraux.
L’industrie manufacturière s’appuie sur l’export de vêtements, chaussures et articles de voyage, épaulée par des chaînes logistiques qui relient ports, zones économiques spéciales et frontières. Les services (commerce, finance, tourisme culturel et de nature) se développent rapidement, portés par la reprise des mobilités régionales et internationales.







