L’engagement, ça s’apprend ?

Comment susciter l’engagement à la citoyenneté mondiale et solidaire des jeunes dans l’enseignement supérieur ? Voilà la vaste thématique proposée par le colloque organisé en collaboration avec les ONG universitaires d’Uni4Coop et Scribani, à la rentrée de septembre.
« L’engagement, ça s’apprend ? », aura lieu à l’Université de Namur, du 19 au 21 septembre 2018. Un temps d’échanges stimulants, de débats et de travail collectif autour des moyens dont l’enseignement pourrait et devrait user pour former les citoyens de demain.

Chacun le sait, les enjeux mondiaux devraient être la préoccupation de tous. Les inégalités hommes/femmes, les problématiques économiques entre pays Nord/Sud, les conflits armés, le changement climatique ou encore la violation des droits humains sont autant de thématiques dont la responsabilité incombe à tous les acteurs du public et du privé, mais aussi à l’ensemble des citoyens. En effet, l’engagement citoyen a une influence favorable sur le changement des mentalités, rend le monde plus juste et agit sur les décisions politiques. Oui, mais quels sont les « outils » dont l’enseignement supérieur peut se servir pour éveiller, motiver et inspirer les jeunes à prendre part à l’engagement citoyen ?

Et ailleurs, ils font quoi ?

Depuis plus de 30 ans, les Universités d’Amérique du Nord et d’Amérique Centrale ont développé des moyens pédagogiques pour former les jeunes à la citoyenneté. Ces outils sont arrivés plus récemment en Europe et les premiers à en avoir fait usage sont l’Irlande (Campus Engage) et l’Espagne (La Red Espanola de Aprendizaje-Servicio). En Belgique néerlandophone, la  KULeuven a créé son « Service Learning Project » depuis quelques années, une méthode d’enseignement expérimentale à travers laquelle les étudiants progressent sur le plan scolaire, personnel et social.

En Belgique francophone différentes actions sont mises en œuvre. Les ONG universitaires, telles que Louvain Coopération ou la FUCID, s’affairent sur les campus en proposant des activités d’information, de sensibilisation et d’engagement dans des projets qui touchent la solidarité internationale. Ces actions ont lieu en parallèle aux cours, mais également au sein des cursus, et permettent aux étudiants de s’ouvrir à la société qui les entoure.

A L’UCL par exemple, Louvain Coopération et l’université ont mis en place IngénieuxSud, un cours-projet dans lequel désormais plus de 90 étudiants par an s’investissent aux côtés des étudiants de pays du Sud pour mettre en œuvre des projets techniques qui changent le quotidien des communautés. Mais IngénieuxSud c’est d’abord un cours qui permet aux étudiants du Nord et du Sud de collaborer et d’apprendre à s’estimer mutuellement tout en travaillant sur des projets d’envergure systémique.

Une enquête sur les déterminants de l’engagement

Pour imaginer des solutions, il est intéressant de se pencher sur la réalité actuelle des étudiants, leur point de vue et leur degré de perception des enjeux mondiaux. Pour ce faire, Uni4Coop a mené une enquête auprès des étudiants universitaires de l’ULiège, l’UCL, l’ULB et de l’UNamur en juillet 2018. Elle révèle que, lorsque l’on parle d’enjeux mondiaux, c’est de loin la thématique de l’environnement qui vient en premier lieu à l’esprit des étudiants, suivie par celle des inégalités entre les femmes et les hommes. Une bonne nouvelle donc, qui prouve que les médias jouent leur rôle de sensibilisation, puisque, toujours selon l’enquête, les étudiants s’informent plus régulièrement sur ces deux sujets en lisant des livres, des revues ou en regardant des films et des émissions. Ils sont également nombreux à poser des gestes simples dans leur quotidien pour soutenir les causes qui les touchent comme l’achat de produits locaux, issus du commerce équitable ou de l’agriculture biologique.

L’enquête souligne que, si peu d’étudiants restent indifférents aux enjeux mondiaux, les étudiants des Secteurs des Sciences et technologies et de Sciences humaines et sociales se sentent davantage concernés que ceux des Sciences médicales. Pourquoi cette distinction ? Qu’est-ce qui limite l’engagement citoyen des étudiants de cette filière ? Toujours selon l’enquête, les freins majeurs à l’engagement sont le manque de temps, de moyens financiers et surtout de connaissances du milieu associatif.

Autant de pistes passionnantes à explorer avec vous durant ce colloque qui s’annonce riche en interactions et en partage d’expériences !

À noter dans vos agendas:

  • Le 19 septembre, à partir de 20h, se tiendra la conférence inaugurale durant laquelle nous aurons le plaisir de dialoguer avec Jacques Ion sur le thème « L’engagement des jeunes aujourd’hui : une réalité à valoriser ».
  • Pendant la journée du 20 septembre, de nombreuses conférences et moments d’échanges sont prévus autour du thème.
  • Le 21 septembre sera consacré à des ateliers de travail en plus petit comité.

Infos et inscription : http://www.fucid.be/inscription/

 

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