Un film pour mieux comprendre le rôle socio-économique des mutuelles de santé

Louvain Coopération vient, grâce à l’expertise de l’AFD et de ses experts et partenaires en mutuelles de santé, vient de finaliser un film d’animation sur l’importance des mutuelles santé dans les pays africains pour le développement des entreprises familiales rurales.

Cette initiative fait suite à une étude réalisée par notre partenaire belge, l’Union Nationale des Mutualités Libres, qui confirmait la nécessité de renforcer l’ancrage des mutuelles parmi les acteurs de l’économie informelle au Bénin et au Togo. Selon cette étude, il est important d’améliorer l’efficience et la durabilité des collectes des cotisations mais aussi de travailler avec les personnes entreprenantes via leurs organisations professionnelles. Cela permettra une appropriation de la micro-assurance mutualiste et offrira une visibilité moins anonyme des bienfaits de cette adhésion au niveau d’une communauté proche .Cette prise de conscience des « gains » ou du retour de l’investissement que constituent les frais d’adhésion et les cotisations, motivera pour le renouvellement. Il faut savoir que, au Bénin et Togo, l’adhésion n’est pas obligatoire comme chez nous en Belgique.

 

Notre nouvelle approche, que cet outil permet de faire comprendre, constitue en quelque sorte l’autre face du slogan utilisé jusqu’à présent par Louvain coopération pour promouvoir les mutuelles de santé : « de meilleurs revenus pour une meilleure santé ». Grâce à ce film, on prend conscience qu’une meilleure santé permet également de meilleurs revenus.

 

 

 

 

 

Une évolution en quatre séquences

Le film comprend quatre séquences retraçant l’évolution d’une famille mutualiste comparée à celle d’une famille qui ne l’est pas. La première séquence explique le mécanisme du tiers payant. Selon ce principe, les coûts encourus pour le payement des soins (consultation, examens labo et médicaments) sont couverts à 75% par la mutuelle de santé. Ils ne constituent plus un frein à la consultation, ce qui permet de démarrer les traitements avant que la situation ne devienne plus grave.

 

La deuxième séquence développe la notion de sécurité financière. En plus de diminuer la contrainte financière de la consultation, les mutuelles permettent d’éviter l’endettement. En effet, pour les « petits risques » il est possible d’emprunter auprès de proches, mais cela demande du temps alors qu’il est important de commencer le traitement le plus tôt possible. Pour les grands risques, ceux qui coûtent le plus, surtout s’ils sont accompagnés d’hospitalisation, les patients et leurs proches sont obligés de s’endetter chez des usuriers. Pour les personnes ayant une petite entreprise, le réflexe est souvent d’utiliser une partie du fonds de roulement (vider la caisse) ou même de vendre des biens de production afin de couvrir les frais liés aux soins de santé. Cela hypothèque le développement économique de l’entreprise. Une étude anglaise a en effet constaté que les entreprises en Afrique anglophone dont le manager est un « autochtone » se développent moins bien que celles des allochtones. Une des raisons plausibles serait justement ces coûts sociaux supportés par l’entreprise. Les GEL (Guichets d’Economie Locale) que Louvain Coopération renforce au Bénin, constatent également que les coûts liés aux soins de santé sont souvent sous-estimés alors qu’ils impactent sur la capacité d’auto-financement de la croissance.

La troisième séquence explique justement l’importance de s’unir au sein d’une mutuelle afin de pouvoir supporter l’assurance maladie pour les gros risques. Ces mutuelles doivent être suffisamment grandes afin de pouvoir supporter des cas coûteux. Mais, plus les membres sont nombreux, plus la zone d’intervention s’élargi et plus le service est perçu comme une assurance individuelle. C’est pourquoi il est capital de mettre en avant la solidarité qui est à la base d’une assurance mutualiste. Le contrôle social ainsi que la résilience institutionnelle sont la base de la durabilité du mécanisme. Les grosses corporations professionnelles sont souvent intéressées par l’adhésion à ces mutuelles. Elles souhaitent assurer les gros risques mais aussi se faire soigner dans des centres de santé conventionnés mieux répartis sur le territoire de la région.

 

 

Enfin, la dernière séquence met en avant l’idée que l’union fait la force. En plus des avantages assurantiels et de choix du prestataire, cette mutualisation des ressources permet de constituer un syndicat des patients et donc de peser sur la qualité des soins. La force économique que constitue une mutuelle, et davantage encore une Union de mutuelles, peut se traduire en une force de négociation. Les membres de mutuelles – appuyés par leur médecin conseil – sont mieux écoutés dans les réunions de concertation et peuvent donc ’aborder les disfonctionnements du système et des pratiques dans la santé.

 

 

 

 

 

 

 

 

Concrètement, ce petit film pourra être traduit en langues locales afin d’atteindre un plus grand nombre de personnes. Le travail d’appropriation et de doublage devra être fait dans les pays concernés. Si vous désirez appuyer cette démarche, vous pouvez faire un don.

Chaque doublage réalisé localement demande environs 500 euros. De plus nous cherchons des ressources pour équiper chaque Union d’un micro-projecteur fonctionnant sur batteries. Cet équipement permettrait de visionner le film dans des coins reculés, sans accès au réseau électrique (fiable). Ces projecteurs sont en vente à 300 euros.

Pour soutenir ce projet, rendez-vous sur notre page don.

Pour visionner le film : https://www.youtube.com/watch?v=-1oSOWmCuy4

De tout cœur, merci!

 

Patrick Vanderhulst

 

 

 

 

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