Journée de la terre nourricière : un sol sain pour une agriculture saine

Dans l’agriculture conventionnelle, le sol est souvent considéré comme un simple support voué à accueillir intensivement de multiples cultures destinées, ou pas, à notre alimentation. La complexité de ce milieu a été oubliée par plusieurs générations d’agronomes et de paysans, menant à la mort biologique, chimique et physique de certains sols. Pour nourrir durablement notre planète, l’Homme doit créer un nouveau modèle agricole capable de cultiver la terre sans l’éroder.

La journée de la terre nourricière a été lancée en 1970 par les Nations Unies afin de promouvoir un environnement sain et durable et faire face aux nombreux défis de demain.

La Terre dite « nourricière » a été nommée ainsi par les Hommes qui, sans le savoir, ont souligné une des particularités uniques de notre planète : la présence d’un sol, mélange de matières organiques et minérales permettant l’apparition de la vie. Beaucoup de planètes ont une atmosphère ou de l’eau mais aucune ne possède un sol.

Le sol : un milieu unique à l’origine de la vie

Ce sol regorge d’une vie méconnue par le public et souvent ignorée par les scientifiques. Un sol sain contient jusqu’à un milliard de micro-organismes par gramme et une à quatre tonnes de verres de terre par hectare. Les champignons créent de vastes réseaux souterrains, le plus grand jamais découvert couvrant 15 hectares de forêts et pesant l’équivalent d’une baleine.

La microfaune et microflore du sol sont responsables de la dégradation des débris organiques (feuilles, cadavres d’animaux, …) qui, une fois dégradés en composés microscopiques, sont réabsorbés par les plantes. Ce cycle fermé permet la poursuite de la vie depuis des milliards d’années.

Une agriculture centrée sur la production, au détriment de l’environnement

Le sol est riche mais aussi extrêmement fragile. Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, la révolution agricole contemporaine a puissamment progressé dans nos pays, apportant une mécanisation et une motorisation accrue, une large utilisation des engrais et des pesticides, la sélection des variétés de plantes et la promotion de la monoculture. Dans l’hémisphère Sud, la révolution verte a permis de transposer ces techniques agricoles à de nombreux pays en développement. Ce modèle, promu au lendemain de la seconde guerre mondiale, avait un but clair : assurer la sécurité alimentaire de la population en assurant une production massive de nourriture. L’objectif a été largement atteint.

Aujourd’hui, nous payons les conséquences de cette agriculture, productive mais environnementalement et socialement non durable. L’équilibre des sols a été profondément perturbé, provoquant une érosion massive. En France, ce phénomène engendre une perte de 40 tonnes de sol par hectare et par an, en Espagne 60 tonnes et au Maghreb 100 tonnes. L’Homme a également provoqué la désertification de deux milliards d’hectares, à une cadence actuelle d’environ 10 millions d’hectares par an. Par ailleurs, cette agriculture pétrolière est totalement dépendante des énergies fossiles, condamnées à se raréfier.

Un défi de taille

Le constat est sans appel : ce modèle agricole dominant n’est pas capable d’offrir une « terre nourricière », apte à supporter les 9 milliards d’êtres humains attendus en 2050.

L’agroécologie propose un modèle dans lequel la préservation de l’environnement est centrale. Au lieu d’apporter engrais et pesticide, l’agriculteur exploiterait les potentialités offertes par l’environnement et favoriserait les interactions positives entre organismes vivants. L’objectif est d’imiter la nature en limitant au maximum les apports extérieurs.

La résistance au changement est grande et de nombreux blocages et verrouillages empêchent l’émergence de ce type de modèle alternatif. Toutefois, une myriade d’initiatives naît à travers le monde, faisant souffler un vent de renouveau dans les campagnes et dans les villes.

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Alexandra Jacoby
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