Les réserves temporaires, une solution locale pour une pêche responsable

Avec plus de 5000 km de côtes, Madagascar possède d’immenses ressources halieutiques. Dans la région du Menabe, les activités humaines et les catastrophes naturelles menacent les écosystèmes côtiers et la surexploitation de certaines zones entraîne une baisse des rendements de la pêche. Avec l’appui de Louvain Coopération et de l’Organisme Public de Coopération Intercommunale (OPCI), les communautés locales du delta de la Tsiribihina ont mis en place des réserves de pêche temporaires pour une gestion durable des ressources marines.

À Madagascar, le secteur de la pêche est dominé par la pêche traditionnelle et artisanale qui emploie, selon les estimations, 102 000 personnes à travers le pays. Les produits de la pêche sont destinés en partie à nourrir les membres de la famille mais génèrent surtout un revenu monétaire précieux. Dans l’ouest et le sud-ouest de Madagascar, on estime que 95% des ménages des villages côtiers dépendent essentiellement de ce secteur.

Dans le Menabe, la migration induite par les sécheresses répétées dans le sud du pays accentue la pression démographique sur le littoral et, par conséquent, sur les ressources naturelles. L’utilisation de filets de pêche non réglementaires (mailles trop petites) et la destruction des mangroves pour les besoins en bois des ménages menacent encore davantage l’environnement. Par ailleurs, les risques liés au changement climatique et l’augmentation du nombre de catastrophes naturelles dans la région (cyclone, inondation) aggravent ce contexte fragile. Cette situation se traduit par une diminution des rendements de la pêche, une stagnation voire une réduction des captures et une modification de la composition des prises, en espèce et en taille.

Des bénéfices multiples

Face à la raréfaction des ressources disponibles dans la zone d’action du projet mené par Louvain Coopération, l’équipe a initié la mise en place de réserves de pêche temporaires en partenariat avec l’OPCI. Depuis 2014, 11 réserves temporaires ont été installées avec les communautés locales. Ainsi, des zones du delta sont préservées pendant plusieurs mois de toute activité de pêche afin de permettre à la faune marine de se reproduire. Ce mode d’usage plus durable des écosystèmes poursuit plusieurs objectifs. Tout d’abord, il s’agit de préserver des ressources indispensables pour la sécurité alimentaire et économique des ménages. Outre la protection des animaux marins, les réserves permettent la régénération des mangroves, un écosystème primordial pour la protection des côtes et le cycle reproductif de nombreuses espèces.

Une expérience réussie

Une étude a été menée par l’OPCI sur 3 réserves. D’après les communautés, ces zones ne possédaient quasiment plus de ressources halieutiques. À l’ouverture des réserves, une dizaine de pêcheurs ont capturé en une heure une moyenne de 67 kg de produits de la mer, améliorant nettement leur revenu. Ces résultats encourageants motivent la population à renouveler l’expérience d’année en année et amorcent un effet « tache d’huile » sur le littoral du Menabe.

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Alexandra Jacoby
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