L’éducation pour mieux lutter contre la précarité

Depuis maintenant deux ans, Louvain Coopération a choisi d’associer l’alphabétisation à ses projets de sécurité alimentaire et économique dans la région du Moso, à l’est du Burundi.

L’idée est née d’un constat simple. Depuis sa mise en œuvre, le programme de formation des cultivateurs locaux était souvent freiné par leur manque d’alphabétisation. Les diverses formations se révélaient parfois difficiles à mettre en place avec une population ne sachant ni lire ni écrire. Pour remédier à ce problème, Louvain Coopération a initié un projet de cinq ans destiné à poursuivre l’éducation des villageois tout en les aidant à améliorer leurs rendements agricoles au travers de techniques durables et raisonnées.

Concrètement, les classes sont données deux à trois fois par semaine dans les écoles primaires des villages. Elles ont principalement lieu l’après-midi, permettant ainsi aux adultes de travailler aux champs le matin. Pour s’adapter aux particularités de leurs élèves, les enseignants ont développé une méthode à la fois fonctionnelle et conscientisante. Fonctionnelle, car l’apprentissage se base surtout sur des cas concrets rencontrés dans la vie quotidienne. Conscientisante, car elle part des problèmes des alphabétisants pour susciter chez eux la recherche de solutions.

Si ce projet profite à tous, on remarque que ce sont surtout les femmes qui en tirent le plus grand bénéfice. Alors que les garçons poursuivent leurs études plus longtemps, le décrochage scolaire des filles reste assez important et ce sont donc elles qui demeurent le plus souvent analphabètes. Ne sachant ni lire, ni écrire, elles ont peu de chances d’être élues au niveau des associations et ne participent donc pas aux prises de décisions au sein du village. Le projet d’alphabétisation de Louvain Coopération leur permet désormais de s’intégrer dans le développement local. Plus encore, il soutient l’économie des ménages, principalement assumée par ces femmes, en leur apprenant une meilleure gestion des dépenses et un accroissement de leurs bénéfices.

Le projet compte aujourd’hui 1500 alphabétisants en apprentissage et devrait, à son terme en 2018, profiter à près de 5000 personnes. Un projet similaire est déjà en cours à Madagascar où six centres d’alphabétisation ont été mis sur pieds pour éduquer les populations rurales et améliorer l’économie des familles.

 

 

 

 

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Alexandra Jacoby
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